Un peu de micromagie

Le récent championnat du monde couru intramuros a aiguisé les appétits régatiers et laissé poindre des revanches au fond de certaines gorges au regard de travers.

Des comptes pourraient se régler à la déloyale et alors là tout est permis.

Et pourquoi pas entre les fourches tordues de la magie noire, bien noire, bien rancunière, labellisée pure crapaud, de celle qui se pratique à l’abri des chaudrons dans certains cockpits à la faveur d’une lune bien choisie. La rumeur circule que serait assez bien maîtrisé un sort à jeter à distance, à cheval sur le balai de pont, qui provoquerait le décrochage brutal de la dérive vers l’abîme dès que le bateau envoûté survole un fond de plus de vingt toises. Les instigateurs seraient facilement repérables, qui se précipiteraient vers le malheureux concurrent pour lui demander s’il a besoin d’aide.

Sorcellerie et cynisme théâtral font généralement bon ménage.

Où veux-je en venir ?

Concourir au lac d’argent n’est pas anodin et nous place aussitôt dans une ambiance un peu spéciale du genre de celle qui laisse planer que ce titre n’aurait pas été choisi au hasard. En effet, on  aurait pu opter pour la bitture de bronze, au vu de certaines dernières mi-temps,  l’aiguillot de vermeil pour les barreurs tout en dentelle ou encore la vergue d’acier pour les skippers, les vrais.

Non, le lac d’argent avec  sa connotation un poil succube – pourquoi d’argent, mystère ! – sonne favorablement à nos oreilles et donne envie d’y aller en signant de son sang la fiche d’inscription.

 

  • Tu fais quoi dimanche ?
  • Je fais le lac d’argent.
  • Ah la vache le bol !
  • Ah non le bol c’est sur le Léman et en or mon gars !

Faut pas tout mélanger.

 

Sur le lac d’Annecy dont l’environnement hyperréaliste continu de bluffer les voyageurs, il fallait comme frontispice d’une régate inscrite tantôt nationale, tantôt mondiale et cette fois régionale, un intitulé capable à lui tout seul de vous embarquer  sur des eaux qui inspirent le respect,  force la modestie mais vous engage aussi derrière le miroir.

Car au fond…

Photo © Claude Beauduc

Sur la vie de ma mère… Champions du Monde !

Rendez-vous sans attendre sur l’onglet MICRO WC 2017 de notre site préféré pour tout savoir – non pas sur l’existence de lieux d’aisance en modèles réduits – mais sur comment ne rien manquer de la fabuleuse semaine du championnat du monde au mois d’août (du 18 au 25/08/17) des moins de 6 mètres « habitables », par qui on se le demande, à part les cousins des schtroumpfs sans doute.

 

Je m’exprime ici en temps que principal supporter du fan club virtuel car non déclaré en préfecture du groupe de skippers local qui représentera non seulement la France, mais ce qui est infiniment plus stressant, j’ai nommé la SRV Annecy.

Car oui, j’entends bien faire preuve de la plus mauvaise foi possible en considérant tout de go que ce qui vient de l’extérieur du club comme embarcation vaut pedzouille face à notre élite à nous, bien à nous et rien qu’à nous.

Celle qu’on croise sans salamalec sur le quai sauf en échangeant un regard un chouia admiratif doublé d’un geste de la main qui veut dire :

– Bien l’bonjour à toi, comment va la forme ?

– On compte sur toi, tu nous fais pas tchoufa.

 

Awah que mon cœur va battre la chamade quand la grande ligne des petits bouts de nez Micro va quelques secondes plus tard couper celle construite par les seigneurs de l’arbitrage qui sanctionneront sans pitié les faux départs d’adversaires trop pressés par la trouille de se faire étriller par notre cohorte maison surentraînée.

Il se dit, par ci par là, que sont attendus des équipages très affutés.

Billevesées, coquecigrues et autres fariboles, je ne veux rien entendre et n’ai d’yeux que pour nos champions. Ils vont nous faire le coup  du siècle, je le sens, je le sens, je le veux.*

Si la grille des bénévoles est complète, on assistera simplement aux joutes, mais comme spectateurs partiaux et entêtés.

Y’Allah

 

*Il est l’heure je crois de reprendre 2 des cachets bleus que m’a conseillé ma généraliste en cas d’énervement.

PS: Une inscription de dernière minute au fan club est toujours possible sur simple demande. Un papier oral vous sera délivré qui atteste de la non réalité de son existence.

 

La semaine des quatre jeudis…

Que ne manquera pas d’évoquer aux plus anciens des barreurs cette semaine sucrée de juillet où on peut régater tous les jours ou presque. Les étymologistes qui ne manquent pas à bord des embarcations pourront nous opposer que cette expression du 15e siècle voulait dire que rien ne se ferait jamais une telle semaine. Ils ont raison, mais les siècles passant et leurs érosions sémantiques usant le sens premier, on y a attaché la signification d’une semaine écolière utopique car pleine de jours de loisirs.

Béni soit le comité qui a, un beau jour, offert à ses membres régatiers la possibilité de vivre une de ces enfilades magiques de jours joyeux ; à regretter que notre foyer ne soit pas équipé de dortoirs du genre de ceux qui incitent à des bringues nocturnes à la sauce adolescents. J’en connais qui y passeraient leurs nuits.

Nous nous contenterons donc des fins de journées douceâtres du 7e mois pour prolonger à quelques mètres de nos pontons les courses de l’après-midi autour d’un barbecue prestement allumé par un bénévole comme il y en a tant dans notre chère institution alors que la rumeur prétend le contraire. Oui, oui, oui, le foyer sera ouvert.

Vous aviez tous compris qu’il est fait allusion ici à la semaine de la voile, laquelle ne dure en fait que 4 jours. Les découpeurs d’écoute en 4 protesteront qu’il ne convient pas de parler de semaine dans ce cas mais je leur rappelle que la commission régate a pu créer sans trembler une avant-première sans première et là pour le coup ça calme immédiatement.

Ce sera donc du jeudi 13 au dimanche 16 juillet que nous prendrons toutes et tous nos quartiers d’été sur le quai de la société des régates à voile de la flamboyante ville d’Annecy laquelle compte sur nous pour faire le spectacle et l’animation au moment où nous frôlent des milliers de touristes/heure qui se prendront à nous envier.

Annecy, on t’aime.

La semaine de la voile

L’eau est-elle plus claire ailleurs !

Radio Ponton envisage cet été de gonfler son émetteur pour atteindre des zones de ragots non couvertes en temps normal. Voyons voir comment sifflent les oreilles des dirigeants des clubs avoisinants collés sur les rives d’Annecy lake (very), traduction plus vendeuse dans les temps qui courent que le beau lac d’origine glaciaire naturel d’Annecy (oh oui !).

Nous sommes donc invités à venir juger sur pièces des qualités d’organisation de nos voisins flotteux les plus proches dans ce qu’on appelle le challenge Lavorel à classer dans la liste des réjouissances régatières estivales.

Sept rendez-vous barre en mains sur une ligne inconnue en scrutant un bateau-comité qui ne l’est pas moins. À l’autre bout de la VHF, une voix nouvelle qu’on trouve sympa ou pas, et parfois pas de voix du tout quand un comité ronchon décide de tout envoyer via la pavillonnerie.

Sur notre quai, les avis sont partagés. Il y a ceux qui n’y vont pas, ceux qui n’y vont plus, ceux qui n’aiment pas, ceux qui ne savent pas, ceux qui ne savent plus, avec un point commun entre tous : être bien incapables de dire pourquoi.

Autrement formulé : à quoi ça sert d’avoir un avis puisque je n’en ai pas.

Heureusement qu’une étape passe par la SRV Annecy, laquelle servira d’alibi aux récalcitrants qui éviteront ainsi en toute mauvaise foi d’être taxés de déserteur.

Mais renseignements pris, cette compétition a aussi ses fervents adeptes, de la trempe de ceux qu’un arrachement à leur zone de chasse n’effraie pas. Cohabiter avec toutes sortes d’embarcation susciterait presque un peu d’excitation voire de peur salvatrice.

 

Hisser haut le guidon de notre club, briquer les coques, frotter les ponts et hardi petit vers les territoires inconnus des 20 milles nautiques du lac de Nicy comme se plaisait à l’appeler Antoine-Augustin Bruzen de la Martinière dont on ne fera pas ici le panégyrique afin de ne pas insulter vos connaissances historiques locales.

Première étape à l’ombre du château qui inspira Walt Disney.

 

Étape 1 – dimanche 2 juillet 2017 – CNL Menthon Saint Bernard
Étape 2 – dimanche 8 juillet 2017 – UNCA Annecy-le-Vieux
Étape 3 – samedi 22 juillet 2017 – Internautique Saint-Jorioz

Étape 4 – dimanche 30 juillet 2017 – SRV Annecy
Étape 5 – dimanche  6 août 2017 – CVS Sevrier
Étape 6 – samedi 12 août 2017 – CND Doussard

Étape 7 – samedi 26 août 2017 – VCN Veyrier

Remise des prix à l’automne

Famalabar

Et on pense immédiatement à femme au volant…vous connaissez la suite.

 

Vu le nombre restreint de skippers féminines dans notre club, il conviendrait non seulement d’éviter les sorties « cliché » éculées, mais aussi de faire preuve d’un peu de stratégie éclairée autrement affûtée pour éviter les retours de flamme.

« Les femmes n’oublient jamais. », Alcée de Mitylène, 630 av JC, lequel n’était pas un bleu en termes de poésie lyrique monodique.

Vous pourriez bien, alors que vous barbotez dans l’eau, être éjecté de votre voilier par une auloffée sauvage, voir passer une « skipperinne » qui vous suivait mais le regard tourné vers ailleurs.

Bon bain Firmin

 

Regardez mieux : cette régate est incluse dans une autre (soumission), barrée souvent par un homme au retour (provocation), on dirait qu’on cherche les ennuis les gars.

Heureusement que nous aurons un peu de temps pour noyer le poisson au sec sur les rives de Doussard au moment du pique-nique (préparé bien souvent par les femmes) avant de rentrer au ponton glissant mollement sous la lune diaphane d’une nuit devenue pour l’occasion un brin romantique, elles aiment bien, mais attention, tenue correcte exigée.

Je propose pour nous racheter un peu que dès le retour au quai, une soupe bien chaude leur soit servie immédiatement au club (par des gars déguisés en filles, pourquoi lésiner) pendant que l’équipage masculin range correctement le bateau sans oublier un coup de lave-pont. Après quoi elles seront raccompagnées en limousine de luxe ; j’en ai vu une, anglaise, garée entre les bateaux un jour de régate.

Les garçons finiront les alcools forts en passant une panosse avant de fermer le club.

Avec ce plan, on va regagner suffisamment de galon pour continuer à faire les c… jusqu’à la prochaine Femme à la barre,

le 24 juin 2017 et dans la nuit du 25 se déroulera la course croisière.

 

Feux de route obligatoires !

Femme à la barre

Course Croisière