L’amarre mutine

Quelques infortunés skippers de notre honorable club auront connu de fâcheux avatars hivernaux comme en réserve notre lac qui sait devenir bien noir et menaçant le moment venu. Ils avaient comme nous tous en tête la date du premier RV de saison subtilement intitulé la Marmottine. 

Au lieu de cela, ils doivent maintenant organiser une restauration de coque meurtrie par la trahison d’amarres mal venues qui auront permis au bateau de se frotter rageusement au quai ou pis permettre une petite virée fantôme vers le centre-ville sans oublier au passage de s’infliger moult mortifications.

Pendant ce temps-là, un autre bon marcheur aura réservé une surprise pour le coup bien mal nommé en servant de combustible à sa propre perte. 

Impossible de s’y faire à ces blessures d’infrastructures quelles qu’en soient les raisons. Vous me direz que découvrir son bateau pillé ou tagué déclenche tout autant de colère et d’incompréhension. Je rappelle que nous avons eu un ministre qui décréta à l’époque que barbouiller à la bombe des supports qui n’en demandaient pas tant relevait de l’art tout court. J’ai beaucoup pensé à lui lorsqu’il m’a fallu deux bonnes heures pour effacer vingt centimètres carrés d’expression artistique sur un tableau arrière. Aurai-je gardé mon sang froid si l’on m’avait présenté le créateur de ce gribouillage ?

Il n’en reste pas moins que le week-end des 24 et 25 mars devrait voir l’essentiel de notre flotte habituelle se présenter au club d’abord pour l’AG de reprise et pour ensuite recommencer à en découdre sur l’eau.

Sous le regard des marmottes de la Tournette ?

ps: Pour les préinscriptions à la Marmottine, c’est ici

Vous saurez tout sur le micro

L’eau monte

Mais pas assez pour envahir le secrétariat du club, ce qui aurait permis d’écrire un papier bien mouillé en ce mois de février durant lequel il ne se passe en gros que deux choses dans notre environnement immédiat , rien et rien du tout,. A moins qu’on disserte un moment sur comment payer sa facture nautique 2018 avec panache et bonne humeur sans manquer d’avaler sa langue.

Du coup, je vous propose cette petite chanson en hommage à tous nos micronistes qui ne manqueront pas de briller à nouveau cette année. Vous connaissez la musique, voilà des paroles. Vous avez jusqu’à l’AG de mars pour vous entraîner.

Et tous ensemble !

 

Vous saurez tout sur le Micro

(musique/composition de Pierre Perret, paroles détournées de Léon Duponton)

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Micro

Couplet 1

Le soleil vient à peine de s’lever ô gué ô gué

L’équipage est tout juste réveillé ô gué ô gué

Faut retrouver les écoutes

Faudrait pas qu’on y voit goutte

Avoir à tout démêler

Au moment d’embarquer

Encore un pt’it coup d’œil sur les voiles

Pas question d’un accroc sur la toile

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Micro

 Refrain

Le laid, le beau, le rigolo,

on trouve de tout sur ces bateaux

des  bons skippers , des p’tits barreurs

Des grands coureurs bien bagarreurs

Tout, tout, tout,

Vous saurez tout sur le micro 

 Couplet 2

Le moment est v’nu de s’approcher ô gué ô gué

Des canots qu’on voudrait éjecter ô gué ô gué

On fonce un peu à l’esbroufe

Et puis tant pis si ça touche

Les gars qui veulent s’aligner

Ils devront assurer

Nous v’là déjà un peu à la bourre

On se croirait dans une chasse à courre

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Micro

Refrain

Couplet 3

Le paquet s’resserre à la bouée ô gué ô gué

On entend tous les skippers gueuler ô gué ô gué

Si on devait laisser d’leau

À tous les p’tits rigolos

Qui croient être dans leur bon droit

On ne s’raient pas les rois

Mais en un instant les spis fleurissent

Pourvu que l’zéphyr en rien n’mollisse

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Micro

Refrain

Couplet 4

Ca fait plusieurs fois qu’on fait l’parcours ô gué ô gué

L’arrivée est dans les alentours ô gué ô gué

On n’a pas beaucoup d’avance

Pas l’moment d’prendre des vacances

En vl’à un qui nous talonne

C’est le moment qu’on bétonne

Tous les équipiers d’serrer les fesses

Quelques mètres à peine et c’est l’ivresse

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Micro

Refrain

Couplet 5

Pour cette fois on s’en est bien tiré ô gué ô gué

Au bar on va pouvoir pavoiser ô gué ô gué

Mais

Vl’à l’barreur qu’on a poussé

Contre l’bateau comité

Et qui a dû réparer

En f’aisant un tour complet

Payer la tournée est une urgence

Si on veut maintenir une bonne ambiance

Tout, tout, tout, vous saurez tout sur le Micro… refrain et fin

 

 

 

 

 

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Le quai charmant

Cet espace qui longe le lac et où se dandinent nos bateaux dans une eau de plus en plus froide semble s’étirer sans fin dans la fumée d’une brume de saison.

Nous sommes en hiver.

Autant durant les beaux jours on traîne un peu sur son goudron gravillonneux en s’étonnant des vieilles amarres lâchement abandonnées sur la vase du fond, autant en hiver on avance d’un meilleur pas en s’amusant des joutes grotesques des poules d’eau.

Thomas McGuane* parle de détérioration métallique de la lumière que l’on ressent quand tout est terminé. On pourrait le croire tant l’eau de ce lac est devenue comme grasse sous l’effet du froid, apathique et stérile.

Et puis d’un coup se faufile dans le ciel tourneboulé par les vents d’altitude le rayon incisif et hâbleur d’un soleil frustré par la distance. Les têtes se lèvent, les yeux clignent, les mains cherchent au fond des poches les lunettes salvatrices. Elles ne sont pas encore sur le nez que les espoirs s’effondrent. Le ciel jouera un bon moment avec les bourgeois vagabonds qui continuent de penser que lorsque l’air est froid il devient plus pur, ce qui justifie leur présence à cet endroit.

Les cimes alentours nous avaient pourtant prévenus, en se fardant de blanc le mois précédant, que la récréation allait se terminer sèchement, cruellement. Patienter, il ne nous reste plus qu’à patienter en faisant mine de croire que mars va tout arranger ou pis encore chasser Noël derrière nous – barrière symbolique – alors que surgissent tout juste les baraques champignons du marché éponyme sur les rives d’un canal parfaitement engourdi.

Faut-il pour autant détester tous les mois qui flirtent avec le zéro du mercure ? Au contraire, laissons leur le soin de faire durer le plaisir de jours meilleurs à venir ; ne dit-on-pas que dans l’amour, le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier ?

Très bonnes fêtes de fin d’année !

 

*Auteur américain des grands espaces, ami de Jim Harrison

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L’heure des comptes

Notre prochain RV à toutes et à tous se situera un certain samedi 25 novembre 2017 à partir de 17h00, jour de la sainte Catherine – mais sans les coiffes si possible, merci d’avance –  pour assister dans le foyer et  au coude à coude à notre AG 2017.

Le comité devra terminer de remplir sa mission annuelle en présentant un point exhaustif mais synthétique de la situation générale du club.

Vous avez reçu votre convocation, il n’y a plus qu’à venir.

 

Rien de ce qui sera dit ce soir-là ne transpirera sur cette page aujourd’hui. N’en déduisez pas hâtivement et pour autant que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises ou qu’une chape de plomb ait été posée pour étouffer force news ou autres fake news.

Comme d’habitude les intervenants des deux bords – public et orateurs – communiqueront dans le respect et la bonne humeur quels que soient les propos et les thèmes abordés.

Et puis écloront quelques nouvelles candidatures pour remplacer quelques départs après de bons et loyaux services. Le comité se réjouit par avance de ces entrées fraîcheurs dans le cœur du réacteur mais elles se feront encore par votation et comme toujours. La parole reste au peuple.

 

Radio Ponton informe que des représentantes du sexe opposé seraient paraît-il  les bienvenues.

Il est vrai qu’autour de la table de réunion on ne risque pas de humer autre chose actuellement qu’un solide parfum de testostérone bien appuyé.

 

En milieu de soirée et après une petite collation, nous nous enfoncerons un par un dans la nuit du quai en direction de nos chaumières respectives en tentant de repérer le bruit caractéristique des gifles distribuées par nos drisses contre nos mâts indiquant que notre vaisseau de régates est toujours là même relégué au-dessus du bitume.

Continuera encore plusieurs jours le rigaudon* des désarmements de bon nombre d’esquifs sous le tintamarre casse oreille de la grue et sous le regard des skippers qui ont choisi de perdurer sur l’eau tout l’hiver. Ces derniers donneront sûrement la main si besoin aux grutiers esseulés.

 

Entre nous et même si notre décor hivernal est prodigieux, il est probable que s’installe alors une certaine impatiente à voir ressortir de leurs trous les pythies à poil du printemps annonçant la prochaine… Marmottine Yeah.

 

*rigaudon

Le pas de rigaudon qui sert de conclusion à la plupart des déplacements des danseurs empesés des salons d’autrefois, nous vient de Provence avant de s’encanailler par le Dauphiné pour finir immanquablement en Savoie. No comment

 

Que l’hiver soit.

Photo © Marc Muller

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Elle est bien bonne…

D’autant plus que je viens à peine de la comprendre. Et dire que j’ai fait cette régate plusieurs fois en croyant qu’on récompensait seulement les dix premiers avec le fameux petit verre SRVA. C’est dingue.

L’astuce était à portée de main, il suffisait de lire le calendrier pour s’apercevoir de la proximité de cette dernière course avec une première offensive de la pire saison pour les régatiers : l’hiver, régate d’hiver, régate dix verres. Mais c’est bien sûr.

J’aurai du accéder dix fois déjà au nirvana du gag tant les adorateurs de l’almanach Vermot – grand frère de l’Écho Fantaisie de la Creuse et bible incontestée – sont nombreux aux alentours immédiats de la grue.

Anonymat assuré uniquement par souci éthique et tac… hum, excusez, je débute.

Il existe effectivement au club une bande bien sonore « genre » commentvatuy’aud’poêle facile à croiser et bien rigolote si on en croit les éclats de rire retentissants.

Le niveau humoristique est très variable mais qu’importe, le but n’est pas de se produire sur scène mais de se poiler sur le quai. Et pendant ce temps-là, on ne traîne pas au bistrot mais au foyer ce qui est tout aussi dangereux certains jours me direz vous.

Mais au fait, en y regardant de plus près, ça marche aussi avec

la régate des thés,

la régate d’eau tonne (un jour d’orage),

la régate du prin… aïe, ça coince.

  • Allo !
  • La confrérie du gag, section Auvergne-Rhône-Alpes ?
  • C’est pour en trouver une bien bonne.
  • Ne quittez pas, on recherche votre correspondant « nautisme ».

Finalement je devrais pouvoir me hisser à leur niveau en m’entraînant plus souvent. Dès demain je m’inscris aux cours du soir des Amuseurs Associés et je tartine mes biscottes du matin avec du beurre de clown.

Faudra pas essayer de me la faire (à cheval bien entendu).

RDV le prochain 11 novembre on va bien s’marrer… (je vous laisse remplir).