Le quai charmant

Cet espace qui longe le lac et où se dandinent nos bateaux dans une eau de plus en plus froide semble s’étirer sans fin dans la fumée d’une brume de saison.

Nous sommes en hiver.

Autant durant les beaux jours on traîne un peu sur son goudron gravillonneux en s’étonnant des vieilles amarres lâchement abandonnées sur la vase du fond, autant en hiver on avance d’un meilleur pas en s’amusant des joutes grotesques des poules d’eau.

Thomas McGuane* parle de détérioration métallique de la lumière que l’on ressent quand tout est terminé. On pourrait le croire tant l’eau de ce lac est devenue comme grasse sous l’effet du froid, apathique et stérile.

Et puis d’un coup se faufile dans le ciel tourneboulé par les vents d’altitude le rayon incisif et hâbleur d’un soleil frustré par la distance. Les têtes se lèvent, les yeux clignent, les mains cherchent au fond des poches les lunettes salvatrices. Elles ne sont pas encore sur le nez que les espoirs s’effondrent. Le ciel jouera un bon moment avec les bourgeois vagabonds qui continuent de penser que lorsque l’air est froid il devient plus pur, ce qui justifie leur présence à cet endroit.

Les cimes alentours nous avaient pourtant prévenus, en se fardant de blanc le mois précédant, que la récréation allait se terminer sèchement, cruellement. Patienter, il ne nous reste plus qu’à patienter en faisant mine de croire que mars va tout arranger ou pis encore chasser Noël derrière nous – barrière symbolique – alors que surgissent tout juste les baraques champignons du marché éponyme sur les rives d’un canal parfaitement engourdi.

Faut-il pour autant détester tous les mois qui flirtent avec le zéro du mercure ? Au contraire, laissons leur le soin de faire durer le plaisir de jours meilleurs à venir ; ne dit-on-pas que dans l’amour, le meilleur moment c’est quand on monte l’escalier ?

Très bonnes fêtes de fin d’année !

 

*Auteur américain des grands espaces, ami de Jim Harrison

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L’heure des comptes

Notre prochain RV à toutes et à tous se situera un certain samedi 25 novembre 2017 à partir de 17h00, jour de la sainte Catherine – mais sans les coiffes si possible, merci d’avance –  pour assister dans le foyer et  au coude à coude à notre AG 2017.

Le comité devra terminer de remplir sa mission annuelle en présentant un point exhaustif mais synthétique de la situation générale du club.

Vous avez reçu votre convocation, il n’y a plus qu’à venir.

 

Rien de ce qui sera dit ce soir-là ne transpirera sur cette page aujourd’hui. N’en déduisez pas hâtivement et pour autant que les nouvelles soient bonnes ou mauvaises ou qu’une chape de plomb ait été posée pour étouffer force news ou autres fake news.

Comme d’habitude les intervenants des deux bords – public et orateurs – communiqueront dans le respect et la bonne humeur quels que soient les propos et les thèmes abordés.

Et puis écloront quelques nouvelles candidatures pour remplacer quelques départs après de bons et loyaux services. Le comité se réjouit par avance de ces entrées fraîcheurs dans le cœur du réacteur mais elles se feront encore par votation et comme toujours. La parole reste au peuple.

 

Radio Ponton informe que des représentantes du sexe opposé seraient paraît-il  les bienvenues.

Il est vrai qu’autour de la table de réunion on ne risque pas de humer autre chose actuellement qu’un solide parfum de testostérone bien appuyé.

 

En milieu de soirée et après une petite collation, nous nous enfoncerons un par un dans la nuit du quai en direction de nos chaumières respectives en tentant de repérer le bruit caractéristique des gifles distribuées par nos drisses contre nos mâts indiquant que notre vaisseau de régates est toujours là même relégué au-dessus du bitume.

Continuera encore plusieurs jours le rigaudon* des désarmements de bon nombre d’esquifs sous le tintamarre casse oreille de la grue et sous le regard des skippers qui ont choisi de perdurer sur l’eau tout l’hiver. Ces derniers donneront sûrement la main si besoin aux grutiers esseulés.

 

Entre nous et même si notre décor hivernal est prodigieux, il est probable que s’installe alors une certaine impatiente à voir ressortir de leurs trous les pythies à poil du printemps annonçant la prochaine… Marmottine Yeah.

 

*rigaudon

Le pas de rigaudon qui sert de conclusion à la plupart des déplacements des danseurs empesés des salons d’autrefois, nous vient de Provence avant de s’encanailler par le Dauphiné pour finir immanquablement en Savoie. No comment

 

Que l’hiver soit.

Photo © Marc Muller

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Elle est bien bonne…

D’autant plus que je viens à peine de la comprendre. Et dire que j’ai fait cette régate plusieurs fois en croyant qu’on récompensait seulement les dix premiers avec le fameux petit verre SRVA. C’est dingue.

L’astuce était à portée de main, il suffisait de lire le calendrier pour s’apercevoir de la proximité de cette dernière course avec une première offensive de la pire saison pour les régatiers : l’hiver, régate d’hiver, régate dix verres. Mais c’est bien sûr.

J’aurai du accéder dix fois déjà au nirvana du gag tant les adorateurs de l’almanach Vermot – grand frère de l’Écho Fantaisie de la Creuse et bible incontestée – sont nombreux aux alentours immédiats de la grue.

Anonymat assuré uniquement par souci éthique et tac… hum, excusez, je débute.

Il existe effectivement au club une bande bien sonore « genre » commentvatuy’aud’poêle facile à croiser et bien rigolote si on en croit les éclats de rire retentissants.

Le niveau humoristique est très variable mais qu’importe, le but n’est pas de se produire sur scène mais de se poiler sur le quai. Et pendant ce temps-là, on ne traîne pas au bistrot mais au foyer ce qui est tout aussi dangereux certains jours me direz vous.

Mais au fait, en y regardant de plus près, ça marche aussi avec

la régate des thés,

la régate d’eau tonne (un jour d’orage),

la régate du prin… aïe, ça coince.

  • Allo !
  • La confrérie du gag, section Auvergne-Rhône-Alpes ?
  • C’est pour en trouver une bien bonne.
  • Ne quittez pas, on recherche votre correspondant « nautisme ».

Finalement je devrais pouvoir me hisser à leur niveau en m’entraînant plus souvent. Dès demain je m’inscris aux cours du soir des Amuseurs Associés et je tartine mes biscottes du matin avec du beurre de clown.

Faudra pas essayer de me la faire (à cheval bien entendu).

RDV le prochain 11 novembre on va bien s’marrer… (je vous laisse remplir).

Pas du même métal

Vous avez aimé le lac d’argent, vous adorerez le spi d’or.

Dès qu’on évoque un métal précieux, la situation d’ensemble prend du coffre. C’est donc avec un moral de fer (métal de fin de mois) que nous allons nous lancer dans cette épreuve de fin de saison. Je sais que l’un d’entre nous attend cette échéance avec délectation, qui n’hésite pas à essayer de mettre autant de spi qu’il est possible d’en étarquer sans d’ailleurs se soucier de savoir si son First 18 y gagne en vitesse.

Ils veulent du spi, ils y en auront. (pour faire local)

Dut-on le retrouver linceulisé par une des molles bien connues du plan d’eau.

Pour vivre heureux, vivons caché et pourquoi pas sous cinquante mètres carrés cumulés de tulle. Son nom restera dissimulé ici mais seulement jusqu’à l’instant où vous croiserez le jour J ce drôle de bateau arrangé à la mode Christo du nom de cet emballeur de pont et autres monuments, mais qui agissait, lui, au nom de l’art moderne.

D’autres navigateurs, plus soucieux de trouver avantage aux belles allures portantes, profiteront de l’occasion pour tester d’autres bulles que celles utilisées normalement.

Pas facile d’innover avec cette voile capricieuse qui pourrait apparaître selon les cas :

symétriques, asymétriques concurrencées par des codes 0, 3, 4, et même 5 sans parler du fameux gennaker que je pourrais bien installer sur ma brouette rien que pour frimer au bar.

–     J’ai installé un De Maesmarker

  • C’est quoi ce truc ?
  • Tous en cœur : Le pauv’gars ! y connaît pas le coktail gennaker De Maesmarker spinnaker de bootmeerbeek

 

Venez régater dimanche si vous voulez voir un mec disparaître sous ses voiles ou un autre faire péter le turbo avec une nouvelle bulle belge.

Oh vent portant…

Honoré, le président

Il le sera sans doute quand il prendra conscience du type tout à fait convenable d’allégeance témoignée par ses membres à l’occasion de la Coupe du Président.

Lequel ne s’appelle pas Honoré, nous l’avions tous compris mais bien Maxime Brunel. Ce dernier aura connu les soubresauts d’une présidence alternée ce qui vous apprend à ‘’rebondir’’ comme on dit aujourd’hui.

La vie au dehors n’est pas un long fleuve tranquille, pourquoi voudrions-nous qu’elle soit un lac paisible au dedans.

Mais revenons en à l’homme du jour pour lequel il ne sera pas question de célébration, d’ailleurs il n’aimerait pas cela même si son uniforme de régatier/organisateur a pris du galon récemment avec quelques lauriers au mondial.*

Ca aide quand on doit succéder à une liste impressionnante de prédécesseurs.

À ce propos, nous vous invitons à consulter dans le foyer le panonceau dédié aux occupants de la fonction depuis la création du club. Le connaître par cœur ne vous servira à rien dans la vie mais, quelque part, ces régates leurs sont également destinées. Un petit coup d’œil flash-back n’a jamais fait de mal car oui, nous avons une histoire.

La concierge ne disait-elle pas encore ce matin :

<< Quelle drôle d’époque on vit, trouvez pas ? >>

Nous ne pourrons pas mieux faire qu’en participant en nombre et en qualité aux deux jours de régate spécialement organisés. J’ai le souvenir que certains skippers arboraient, fut un temps, une tenue nautique d’époque pour bien marquer l’occasion.

Une régate costumée chicnautic et pourquoi pas ?

Les régates du président ne sont pas contournables et devraient figurer en priorité sur nos agendas. En participant simplement vous allez faire acte de fraternité nautique. On ne rit pas dans les rangs.

Monsieur le président, je vous en prie.

*(J’avais pensé un moment à un tapis rouge pour lui permettre avec son équipier d’accéder plus ou moins discrètement à son micro et puis notre trésorier m’a réveillé, merci pour ta vigilance JPV.)

Crédits Photo : Marc Muller